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L’utilité de l’optimisme

L’Université Hommes-Entreprises poursuivait sa deuxième édition ce jeudi 25 août, au château Smith Haut-Lafitte. Après une ouverture la veille consacrée à l’importance de prendre son temps, et une matinée sur l’accord entre les valeurs des hommes et leur temps, cet après-midi était davantage axé sur la réflexion. L’ancien ministre Jean-Noël Jeanneney, professeur en histoire politique et histoire des médias, est intervenu sur l’accélération du temps, l’artiste Nathalie Decoster a pour sa part mis en forme sa vision du temps et le spécialiste de la motivation Philippe Gabilliet parlait des différents temps de l’optimiste. Le grand acteur Jacques Weber avait fait également le déplacement pour parler en toute simplicité du temps théâtral. Une clôture de cette université en bonne compagnie donc, mais qui emmène à dévisager le temps et à l’appréhender.

Thèse d’un showman de la motivation.
En prêcheur des temps modernes, Philippe Gabilliet ne cite pas la Bible mais des légendes chinoises ou des anecdotes qu’il a lui-même vécues, des réflexions de ses étudiants (« La vie est la seule maladie sexuellement transmissible, et toujours mortelle en plus »). Introduisant son propos par la phrase de Sacha Guitry : « Le pessimiste pense que toutes les femmes sont volages ; l’optimiste espère bien que c’est vrai », il plante tout de suite le décor.
On lui avait promis une carrière fichue alors qu’il écrivait son livre sur l’optimisme (« Eloge de l’optimisme »), le grand oracle moderne Google lui a pourtant donné raison : le terme « optimisme » compte d’avantage de résultats que son frère « pessimisme ». Alors que beaucoup de gens considèrent l’optimisme seulement comme une attitude, un trait de caractère, la plupart ignorent qu’il est fonction de l’éduction que l’on a reçue, bien sûr, mais aussi fonction d’un gène. Au quotidien, selon comme une personne explique son échec, on distinguera s’il est pessimiste ou non : s’il se pense entièrement responsable, que cet échec aura une grande importance et pourra se répercuter sur d’autres éléments de sa vie, il s’agira d’un grand pessimiste. Et comme l’a dit Philippe Gabilliet aux personnes présentes à l’Université Hommes-Entreprises, « vous avez à vos côtés des pessimistes que vous devez avoir repérer déjà depuis hier ».

Pourquoi être optimiste dans une entreprise ?
Deux courants de pensées s’affrontent : à ma gauche, Leibniz qui voit le verre à moitié plein et le monde assez parfait pour que l’on puisse y vivre aisément ; à ma droite, Schopenhauer (« avouez qu’il a le physique de l’emploi », dira Philippe Gabilliet ») qui voit le verre à moitié vide et le monde où mieux vaut ne pas être, qu’être. Sans aller trop dans l’extrême de l’optimiste parfait, il a pourtant fait ses preuves.
Sous les conseils du psychologue Seligman, une entreprise choisit de recruter des personnes peu douées mais d’un naturel très optimiste et les regroupe dans la même équipe : au bout d’un an, les résultats du groupe étaient de 22% supérieurs à la normale, et sur plusieurs années, au lieu du 40% de turn over des personnes de l’entreprise, celui de cette équipe n’était que de 18% : « les nuls optimistes étaient contents d’avoir trouvé une place, que ça marche, ils s’accrochaient les mecs ! ».
Il faut cependant distinguer plusieurs cas : l’optimiste de but qui pense « on va y arriver » et celui de chemin « ça va être facile », le pessimiste de but qui se dit « on va échouer » et de chemin « en plus, on va souffrir ». D’après Philippe Gabilliet, le modèle français reposerait sur un pessimisme de but et un optimiste de chemin « on ne va pas y arriver, mais qu’est-ce qu’on va se marrer ! » alors que la bonne méthode serait un optimiste de but et un pessimisme de chemin.

Derniers chemins de réflexion.
D’autres personnalités sont intervenues en ce dernier après-midi de conférences de la dix-septième Université Hommes-Entreprises. Le brillant Jean-Noël Jeanneney, en professeur ne voulant pas endormir son auditoire après un cocktail agréable, étala ses connaissances et sut éclairer ses propos de citations bien placées. Sur le thème « L’histoire va-t-elle plus vite ? », il a posé d’intéressantes questions sur cette accélération du temps que chacun ressent et les ralentissements de celui-ci que l’on peut pourtant observer dans notre Histoire.
L’Université Hommes-Entreprises s’est achevée par l’intervention de l’acteur Jacques Weber qui, loin d’être un conférencier aguerri, parla avec sincérité de ce temps théâtral où l’acteur vous embarque dans un rythme. Ne dit-on pas qu’un bon acteur au théâtre est capable de suspendre le temps ? De même, Racine, son auteur préféré, coupait le temps, ses vers par un simple « Excusez ma douleur ». Son ton juste et ses réflexions personnelles auront su donner un chemin de réflexion, à se réapproprier personnellement.

 Laura Jarry.

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1 Commentaire

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